Nos diffuseurs de spectacles ont-ils raison de demander plus au gouvernement?

Cette série de billets souhaite informer la communauté artistique et culturelle des enjeux qui les concernent. Elle représente un point de vue basé sur une expérience de gestion des arts et se veut non partisane. La seule partisanerie possible, à la lecture de ce billet, est mon engagement à défendre les intérêts du milieu des arts.

 

Nos diffuseurs de spectacles ont-ils raison de demander plus au gouvernement?

La semaine dernière Josée Roussy, directrice générale de CD Spectacles expliquait l’ABC du financement dédié aux diffuseurs de spectacles lors d’une entrevue réalisée à Radio-Canada.

La direction exprime bien le mandat de développement de public et ce qu’elle appelle du « TDMC ». Donc, une obligation gouvernementale de présenter du théâtre (T), de la danse (D), de la musique (M) ainsi que de la chanson (C).

À la suite de cette entrevue, plusieurs intervenants m’ont demandé si ces revendications budgétaires étaient justifiées. Cette question est tout à fait pertinente puisqu’on entend peu parler de cette situation dans les médias. Pourtant, pourquoi parle-t-on de sous-financement des artistes ou de sous-financement dans le secteur muséal?

Le dernier rapport de Hill Stratégies, présente les revenus de billetterie par spectateur. Ceux-ci ont subi une baisse de 5 %. Souhaite-t-on se rabatte sur le gouvernement pour pallier à cette baisse de 5 % ? Mais c’est lorsqu’on examine les statistiques-clés par types de spectacle que prend tous sont sens l’engagement « TDMC » des diffuseurs envers le public :

  • « Les spectacles de variétés (incluant les spectacles d’humour, de cirque, de magie, de comédie musicale et de music-hall) ont constitué 32 % de l’assistance totale et généré 43 % des revenus de billetterie.
  • Les concerts de chanteurs ont attiré 26 % de l’assistance totale et généré 28 % des revenus de billetterie.
  • Les spectacles de théâtre ont accueilli 24 % de l’assistance totale et recueilli 15 % des revenus de billetterie.
  • Les concerts de musique (excluant les chanteurs) ont attiré 14 % de l’assistance totale et généré 11 % des revenus de billetterie.
  • Les spectacles de danse ont accueilli 3 % de l’assistance totale et généré 3 % des revenus de billetterie. »

Ce fameux engagement « TDMC » rapporte à peine la moitié des revenues de billetterie des diffuseurs. En région, je peux assurément confirmer que cela représente beaucoup moins en raison des coûts de transport, des indemnités des séjours, etc.

Au lendemain du Billet – Budget Marceau, l’organisme regroupant les diffuseurs de spectacle aux Québec (RIDEAU) demande au gouvernement de donner aux diffuseurs de spectacles les moyens afin d’assurer leur mandat et de répondre aux aspirations du Québec en matière de Politique de diffusion des arts de la scène (1996). RIDEAU aurait peut-être avantage à prévoir une mobilisation permanente, une coalition (comme le M.A.L) ou une campagne de sensibilisation auprès de ses 3,4 millions de spectateurs annuellement.

Correction et révision : Marie-Josée Charest

Post by chenierannie

14 Responses to Nos diffuseurs de spectacles ont-ils raison de demander plus au gouvernement?

  1. Pingback: Developpez votre auditoire » Blog Archive » Compressions budgétaires : agir plutôt que réagir

  2. Pingback: Le jeu du serpents et échelles de Maka Kotto « C-pour.ca

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.